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Contrairement à la croyance
populaire, les fruits et légumes cultivés au Québec ne sont pas moins
contaminés par les produits agrochimiques que ceux importés de l'étranger ou
du reste du Canada. C'est du moins ce qui ressort des analyses en laboratoire
effectuées par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de
l'Alimentation du Québec (MAPAQ) et l'Agence canadienne d'inspection des
aliments (ACIA). En effet, en 2004-05, près de 500
échantillons de fruits et légumes frais produits au Québec se sont retrouvés
sous les microscopes des laboratoires du MAPAQ afin d'y déceler les résidus
de pesticide encore présents. Au total, 219 produits chimiques différents
entrant dans la production agricole au pays ont été trouvés. Résultats, près de 33 % de ces
aliments ont révélé la présence de pesticides. De ce nombre, 1,5 % avaient
même des concentrations allant au-delà des normes permises. À titre comparatif, pour la même
année, les 11 000 échantillons de fruits et légumes cultivés au Canada et
testés par l'ACIA ont livré un taux d'infraction aux normes sur les résidus
six fois plus bas qu'au Québec, à 0,23 %. Et ce, «avec des critères d'analyse
sensiblement plus élevés qu'au Québec», a concédé Daniel Tremblay,
responsable de l'inspection des aliments au MAPAQ. Le Sud fait mieux .Plus étonnant, à
échantillonnage égal, les fruits et légumes importés de la Thaïlande et du
Brésil se sont révélés moins contaminés que ceux provenant du Québec. Dans
ces deux lots, l'ACIA a découvert à la frontière des cas dépassant les normes
en matière de résidus de pesticide, respectivement de 1,18 % et de 0,76 %.
Notons que les infractions sont également très basses pour les produits
importés de l'Afrique du Sud (0,13 %), du Costa Rica (0,17 %), des États-Unis
(0,39 %), du Guatemala (0,42 %), du Mexique (0,54 %), du Chili (0,61 %) ou de
l'Équateur (1 %). Le Québec se compare même, en la
matière, à des pays comme le Vietnam et Taiwan. Les fruits et légumes
provenant de ces endroits ont livré des taux de non-conformité de 1,40 %,
environ. Cependant, la province fait mieux que la Chine (1,68 %) -- sur 11 % d'échantillons
testés positifs, toutefois --, l'Inde (2,67 %) ou encore le Salvador,
champion des résidus avec... 33 % d'infractions enregistrées par les
fonctionnaires fédéraux. Une image étonnante
Spécialiste des pesticides en milieu agricole, Mohamed Khelifi,
professeur au département des sols et de génie agroalimentaire de
l'Université Laval, n'est, pour sa part, pas surpris par les résultats
d'analyses chimiques sur les fruits et légumes cultivés au Québec. «Comme
partout ailleurs dans le monde, ces produits sont massivement utilisés ici
pour soutenir et augmenter les rendements dans l'agriculture conventionnelle,
dit-il. Nous avons les mêmes problèmes que le reste du monde: quand les
parasites commencent à devenir résistants à un pesticide, les agriculteurs
ont tendance à multiplier les épandages pour en venir à bout.» Sous la pression des consommateurs d'ici qui regardent de plus en plus d'un oeil suspect les aliments anonymes provenant de l'étranger, les producteurs de la Nouvelle-Zélande, de l'Italie, de la Corée du Sud ou encore de l'Argentine semblent toutefois plus réceptifs à ces campagnes de réduction des pesticides, à en croire les données des analyses effectuées par l'ACIA. En effet, sur l'ensemble des fruits et légumes frais étrangers entrés au pays en 2004-05, 90 % en moyenne ne contenaient aucune trace de pesticide -- contre 67 % pour les fruits et légumes du Québec. Dans les 36 000 lots testés, les infractions aux normes sur les résidus étaient également trois fois moins élevées. De
Fabien Deglise, Le Devoir, 19
août 2007.
http://www.ledevoir.com/2007/08/18/153804.html# |
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